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Chronique d'une certaine inaction, Opinions

De la désinvolture

En France, un enseignant-chercheur est un enseignant titulaire qui partage statutairement son activité entre l’enseignement supérieur et la recherche scientifique et qui exerce cette activité au sein d’un établissement d’enseignement supérieur.

Selon l’article 3 du décret 84-431, les enseignants-chercheurs concourent à l’accomplissement des missions de service public de l’enseignement supérieur. Principalement il s’agit de la formation initiale et continue et de la recherche scientifique et technologique ainsi que la valorisation de ses résultats.

Comme l’ensemble des fonctionnaires, les enseignants-chercheurs sont soumis à la durée légale du travail de 1 607 heures par an. Toutefois, seuls les services en présence d’étudiants sont précisément quantifiés à l’article 7 de leur décret statutaire.

Ils doivent assurer annuellement 128 heures de cours, ou 192 heures de travaux dirigés ou de travaux pratiques (ou toute autre combinaison équivalente).
Ils ont également pour mission le développement, l’expertise et la coordination de la recherche fondamentale, appliquée, pédagogique ou technologique ainsi que la valorisation de ses résultats. Cette partie de leur activité est appréciée au regard de leurs publications.

La répartition des services d’enseignement des maîtres de conférences est arrêtée par le chef d’établissement. Il est spécifié dans le décret statutaire, art. 8, que chaque enseignant-chercheur doit établir au moins tous les quatre ans, un rapport d’activité portant sur tous les aspects de ses missions. Cette évaluation individuelle n’a toujours pas été mise en place en 2017.

Dans les faits certains maîtres de conférence s’arrangent avec le conseil de l’unité de formation à laquelle ils appartiennent pour voir la durée de leur service devant les étudiants considérablement diminuée.

Pour en justifier ils peuvent invoquer, soit l’importance de leurs travaux de recherche, soit d’autres activités qu’ils mèneraient parallèlement.

Comme il n’y a pas de recoupement, un enseignant chercheur qui aurait obtenu une telle diminution de sa présence devant les étudiants et qui ne chercherait pas vraiment ou dont les autres activités invoquées seraient très limitées profiterait du système au détriment de la collectivité.

Un peu comme un élu qui exercerait son mandat avec désinvolture.

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