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Opinions

Élections européennes : faut-il ou non aller voter?

Nous avions transmis l’annonce d’une conférence qui s’est tenue à l’initiative du Carrefour Citoyen de RLB, ce jeudi 25 avril. Le thème en était : « Elections européennes : voter…ou pas ».

A travers une analyse de la construction européenne, l’économiste Fabrice Aubert nous a présenté sa vision de l’Europe, au moment où le Parlement Européen va renouveler ses députés pour cinq ans.

Dans un article rédigé par Lucien Pons dans la revue Ukraine, Fabrice Aubert rappelle que l’Union Européenne a reçu en 2012 le Prix Nobel de la Paix. En effet, au sortir de la seconde guerre mondiale, à la suite de l’Allemagne et de la France, nombre de pays d’Europe se sont unis pour qu’une paix durable entre eux soit préservée. Pendant un temps on n’a plus entendu le bruit du canon au centre de notre continent. Et quand il s’est à nouveau fait entendre, la communauté européenne a été en très grande difficulté pour le faire cesser. Mais on voit bien que la guerre se situe maintenant ailleurs, sur les plans économique et social. Comment cela est-il possible ?

« Celui qui ne connaît pas l’histoire [ou qui la méconnaît, NDLR] est condamné à la revivre » (Marx). Tout s’est passé comme si les fondateurs de l’Europe avaient voulu la reconstruire « comme avant » la guerre, alors qu’il aurait fallu en imaginer une « comme après », c’est-à-dire sur d’autres bases que le commerce et la compétition qui avaient cours entre les différents pays. Tout le projet fut fondé sur la seule logique du marché. De 1952 Création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, jusqu’à 2002 où l’Euro a été créé, tous les traités ne parlent que de «marché commun », « marché unique », et maintenant « marché libre et non faussé ».

Une telle doctrine ne pouvait qu’exacerber les rivalités et les défiances entre pays, et la montée des extrêmes droites, du racisme et du fascisme, au lieu de promouvoir la paix et la fraternité qui étaient au fondement du projet (pauvre plombier polonais…qui vient prendre le travail des français….). C’est une sorte de « guerre sociale intérieure » à laquelle nous sommes entraînés, par des lois qui, sous couvert ou sous prétexte d’Europe, démolissent systématiquement l’emploi, les droits des salariés, les services publics, pour les remplacer par des institutions privées, au motif fallacieux que c’est la libre concurrence qui emmènera paix et prospérité.

Cerise sur le gâteau : la création de la Banque Centrale Européenne (BCE) à qui l’on a donné les pleins pouvoirs. Autrement dit, fait encore remarquer Fabrice Aubert, aux trois pouvoirs constitutifs de la démocratie (exécutif, législatif, judiciaire) qui devraient se contrôler mutuellement, on en a rajouté un quatrième qui dicte ses directives aux trois autres : le politique est dominé et contrôlé par la finance. Et au besoin la BCE est instrumentalisé par le politique pour servir les intérêts du libéralisme. Par exemple quand on nous « vend » que l’Europe exige que la France vende ses aéroports, l’Europe a bon dos…Ce quatrième pouvoir est la preuve que l’Europe ne se définit plus comme une démocratie.

Et le résultat c’est la politique d’austérité qui s’impose à chaque pays (voir Grèce) au mépris des décisions des peuples et qui les entraîne dans la misère (burn out, suicides, etc.) sous peine de sanctions.

Alors ? Qui a vraiment envie de voter pour une telle Europe ? On entend beaucoup dire « il faut sortir des traités, non de l’Europe » (LFI). Mais l’Europe n’est faite que de traités ? Et comment croire qu’on va changer une telle mécanique si bien huilée ?

Fabrice Aubert attire notre attention sur deux types de danger :

  • Ne pas voter ? c’est laisser se perpétuer le marché libre et non faussé actuel.
  • Voter ? Attention de ne pas se noyer dans cette multitude de listes. Le choix n’ est qu’entre d’une part l’Europe actuelle du marché libre et non faussé, et d’autre part une Europe des coopérations solidaires.

La solution ? Regrouper l’opposition et former un « commando » de députés motivés à envoyer au parlement européen pour bousculer une majorité conservatrice et gripper les rouages autant que faire se pourra. Ne pas laisser les tenants de l’actuel marché décider de nos vies : eux iront voter en masse. Pour lui le vote s’impose, et voter pour LFI est son choix.

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    Kati Lro

    Oui, nous irons voter pour une  » Europe des coopérations solidaires » et pour que nos représentants continuent de faire avancer nos idées qui, à voir le nombre de listes qui les reprennent à leur compte, ont fait leur chemin : tant mieux ! D’après ce que j’ai compris, la multiplicité des listes n’est pas un obstacle au Parlement européen dont le fonctionnement est différent des Parlements nationaux.
    A suivre si quelqu’un veut bien expliquer cela de façon plus précise.

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